Vendredi 9 mars 2012
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Parce que nous
n’avons ni voiture ni chauffeur, parce qu’il n’y a pas toujours de taxi disponible ou disposé à me transporter sur de courtes distances, il m’arrive très souvent de prendre le bus. Et croyez moi,
nous ne sommes pas beaucoup de non-indiens à le faire.
Deux ou trois
choses à connaître avant de prendre le bus.
La première
chose, c’est que l’on monte (normalement) par l’arrière et que l’on descend par l’avant. Simple.
La ou c’est
plus compliqué, c’est que les bus indiens ne s’arrêtent jamais vraiment, ils ralentissent seulement ; en particulier si peu de personnes montent ou descendent. Alors, les premières fois,
cela surprend. Il faut bien saisir la barre et monter en marche ; ou être prêt à sauter en marche. Et bien ce n’est pas facile de sauter d’un bus en marche, je vous le dis. Pas étonnant
qu’il y ait tant d’accidents. Du coup, les indiens se tiennent souvent à l’avant du bus car ils ne veulent pas être les derniers à descendre et à sauter alors que le bus est déjà reparti. Je
voyais au début tous les indiens s’agglutiner prés du chauffeur et je ne comprenais pas pourquoi. Quant à savoir pourquoi les chauffeurs de bus sont si pressés, m’est d’avis qu’ils fonctionnent
comme les éboueurs marseillais, « à la fini parti ».
La deuxième
chose, c’est le numéro que porte le bus. Rien d’extraordinaire à cela si ce n’est que les bus portent un numéro écrit en chiffres indiens à l’avant (celui que vous voyez en premier) et un numéro
écrit en chiffres arabes (nos chiffres ndlr) sur le coté. Or, les chiffres indiens, je ne sais pas si vous voyez, mais c’est tres trompeur. Le « 1 » indien ressemble à notre 2 voire à
notre 3, leur « 5 » ressemble à notre 4, leur « 6 » ressemble à un « 3 » à l’envers, leur « 7 » ressemble à notre 6 et leur « 4 » et leur
« 8 » ne ressemblent à rien. Quant aux chiffres arables occidentaux, comme ils sont indiqués juste à coté de la porte d’entrée, c’est bien souvent trop tard pour les voir.
Pour bien se
rendre compte, il faut imaginer un matin frais du mois d’avril, il fait 35°, aucun taxi n’est disponible, il y a 20 personnes qui attendent le bus, et vous savez qu’il n’y aura pas de place pour
tout le monde et que les derniers vont se marcher dessus pour rentrer et que le dernier terminera surement sous les roues du bus, vous devez prendre le bus 223, et vous voyez arriver de loin dans
la poussière un bus qui porte le numéro 123.
Vous hésitez,
vous hésitez, et vous décidez de vous mêler a la cohue pour monter. Et bien non, erreur, ce n’était pas le bus 223 mais 123…
La troisième
chose, c’est le monde. Oui les bus indiens sont souvent bondés. Mais pas toujours. Mais lorsqu’il y a foule, il faut s’attendre à des bousculades, les gens se poussent, se marchent dessus,
s’apostrophent et tout cela bien évidemment sans les « pardon, s’il vous plait, excusez-moi, j’vous avais pas vu ». A l’indienne. Néanmoins il existe des places réservées pour les
femmes, pour les femmes enceintes, pour les handicapes et tout le monde le respecte, ce qui n’est pas toujours le cas à Paris. Toute femme enceinte qui est déjà montée dans un métro parisien dont
toutes les places assises étaient occupées, et dont personne ne se lève pour lui laisser la place, peut en témoigner.
Enfin le prix.
A payer directement au contrôleur. Prix minimum : 4 roupies. Et le tarif varie selon la destination que l’on indique au contrôleur. En général de 6 à 10 roupies. Il existe aussi un tarif
journée à 25 roupies connexions illimitées. Pour éviter la corruption, les contrôleurs ont obligation de vous remettre un ticket, ce qu’ils font toujours. En revanche, il arrive que certains
trichent sur la destination qu’ils indiquent sur leur machine et empochent la différence.
Dernier
conseil, bien se tenir dans le bus car le chauffeur fonce. Le « fini parti », je vous dis.
Enfin, en général, le bus indien a un petit coté typique pas désagréable. Lorsque je rentre en bus, vers 18h00, ce sont les sorties d’école. Il y a alors parfois une trentaine
de gosses en uniforme qui montent dans votre bus, que vous pensiez pourtant être plein, et ca crie, ca hurle, ca rigole, ca chante, l’Inde que j’aime quoi !