Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 05:30

C’est l’heure du dernier post après cette formidable expérience. 14 mois à Bombay et plus de 130 posts mais surtout une adorable petite fille, de formidables rencontres et des souvenirs extraordinaires pour nous trois !

L’aventure s’achève ce soir, vol AF217 pour Paris puis Bruxelles ou commence une nouvelle aventure.

A la question que l’on nous a souvent posée « pourquoi l’expatriation ? Pourquoi l’Inde », nous ne sommes pas certains de pouvoir mieux y répondre aujourd’hui ; Ou alors en citant Spinoza « nous sommes conscients de nos désirs mais pas des causes qui les déterminent » et puis une citation philosophique pour finir, ca fera bien !

Ce dernier post n'est pas un adieu à cette ville pleine de contradictions, juste un au-revoir. Nous reviendrons pour présenter à Joséphine sa ville natale. En attendant, nous esperons que Bombay prendra soin de ses enfants qui dorment sur son asphalte et qu'elle sera clémente avec ses hommes sans chaussures.

Merci à tous ceux qui ont suivi et apprécié notre blog, la famille et les amis bien sur, mais aussi les anonymes, les touristes de passage, les autres expats, les futurs expats, les curieux de l’Inde, et également tous ceux avec qui nous avons eu le plaisir d’échanger ou de rencontrer grâce à ce blog.

Et puis, parce qu’il faut toujours terminer par le commencement, nous finirons par cette photo prise à Roissy un matin de janvier 2011.

Ce blog restera ouvert encore quelques semaines avant fermeture définitive.

A ceux qui nous connaissent, à très bientôt sur Bruxelles, sur Paris ou ailleurs.

Melanie & Thibaut

IPHONE-125.jpg

 

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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 07:36

Parce que nous n’avons ni voiture ni chauffeur, parce qu’il n’y a pas toujours de taxi disponible ou disposé à me transporter sur de courtes distances, il m’arrive très souvent de prendre le bus. Et croyez moi, nous ne sommes pas beaucoup de non-indiens à le faire.

Deux ou trois choses à connaître avant de prendre le bus.

La première chose, c’est que l’on monte (normalement) par l’arrière et que l’on descend par l’avant. Simple.

La ou c’est plus compliqué, c’est que les bus indiens ne s’arrêtent jamais vraiment, ils ralentissent seulement ; en particulier si peu de personnes montent ou descendent. Alors, les premières fois, cela surprend. Il faut bien saisir la barre et monter en marche ; ou être prêt à sauter en marche. Et bien ce n’est pas facile de sauter d’un bus en marche, je vous le dis. Pas étonnant qu’il y ait tant d’accidents. Du coup, les indiens se tiennent souvent à l’avant du bus car ils ne veulent pas être les derniers à descendre et à sauter alors que le bus est déjà reparti. Je voyais au début tous les indiens s’agglutiner prés du chauffeur et je ne comprenais pas pourquoi. Quant à savoir pourquoi les chauffeurs de bus sont si pressés, m’est d’avis qu’ils fonctionnent comme les éboueurs marseillais, « à la fini parti ». 

Bus.jpg

La deuxième chose, c’est le numéro que porte le bus. Rien d’extraordinaire à cela si ce n’est que les bus portent un numéro écrit en chiffres indiens à l’avant (celui que vous voyez en premier) et un numéro écrit en chiffres arabes (nos chiffres ndlr) sur le coté. Or, les chiffres indiens, je ne sais pas si vous voyez, mais c’est tres trompeur. Le « 1 » indien ressemble à notre 2 voire à notre 3, leur « 5 » ressemble à notre 4, leur « 6 » ressemble à un « 3 » à l’envers, leur « 7 » ressemble à notre 6 et leur « 4 » et leur « 8 » ne ressemblent à rien. Quant aux chiffres arables occidentaux, comme ils sont indiqués juste à coté de la porte d’entrée, c’est bien souvent trop tard pour les voir.

chiffres-indiens-copie-1.jpg

Pour bien se rendre compte, il faut imaginer un matin frais du mois d’avril, il fait 35°, aucun taxi n’est disponible, il y a 20 personnes qui attendent le bus, et vous savez qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde et que les derniers vont se marcher dessus pour rentrer et que le dernier terminera surement sous les roues du bus, vous devez prendre le bus 223, et vous voyez arriver de loin dans la poussière un bus qui porte le numéro 123.

Vous hésitez, vous hésitez, et vous décidez de vous mêler a la cohue pour monter. Et bien non, erreur, ce n’était pas le bus 223 mais 123…

La troisième chose, c’est le monde. Oui les bus indiens sont souvent bondés. Mais pas toujours. Mais lorsqu’il y a foule, il faut s’attendre à des bousculades, les gens se poussent, se marchent dessus, s’apostrophent et tout cela bien évidemment sans les « pardon, s’il vous plait, excusez-moi, j’vous avais pas vu ». A l’indienne. Néanmoins il existe des places réservées pour les femmes, pour les femmes enceintes, pour les handicapes et tout le monde le respecte, ce qui n’est pas toujours le cas à Paris. Toute femme enceinte qui est déjà montée dans un métro parisien dont toutes les places assises étaient occupées, et dont personne ne se lève pour lui laisser la place, peut en témoigner.

Enfin le prix. A payer directement au contrôleur. Prix minimum : 4 roupies. Et le tarif varie selon la destination que l’on indique au contrôleur. En général de 6 à 10 roupies. Il existe aussi un tarif journée à 25 roupies connexions illimitées. Pour éviter la corruption, les contrôleurs ont obligation de vous remettre un ticket, ce qu’ils font toujours. En revanche, il arrive que certains trichent sur la destination qu’ils indiquent sur leur machine et empochent la différence.

Dernier conseil, bien se tenir dans le bus car le chauffeur fonce. Le « fini parti », je vous dis.

Enfin, en général, le bus indien a un petit coté typique pas désagréable. Lorsque je rentre en bus, vers 18h00, ce sont les sorties d’école. Il y a alors parfois une trentaine de gosses en uniforme qui montent dans votre bus, que vous pensiez pourtant être plein, et ca crie, ca hurle, ca rigole, ca chante, l’Inde que j’aime quoi !

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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 07:04

Parce qu’en Inde aussi on manifeste, et finalement, ca se passe un peu comme en France.

On sort les drapeaux rouges, les pancartes, le porte-voix, on donne à plein poumons du « general strike general strike » sur l’air du « tous ensemble tous ensemble » et on réclame pêle-mêle du « oui aux services publics », « augmentation de salaire pour tous » et « titularisation de tous les emplois temporaires ».

Quelques revendications pour cette journée générale de grève du 28 février 2012 :

-          salaire minimum de 20.000 roupies (300 euros) pour tous

-          le droit a l’emploi pour tous

-          la renationalisation des industries

-          et beaucoup d’indignations contre le capitalisme et le système financier, ca ressemble un peu à du Jean-Luc Mélenchon à la sauce indienne.

Une photo prise à coté de chez moi, pour les répétitions la veille de la grève.

strike.jpg

Ca ne transparait pas sur la photo mais ils faisaient beaucoup de bruit.

 

Pour plus d’infos sur cette journée, voir un lien vers Socialism.in, le site « new socialist alternative – fighting for democratic socialism »

http://socialism.in/?p=2276

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Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 07:55

La roupie, c’est une devise totalement convertible sur le compte courant mais seulement partiellement convertible sur le compte de capital. Ca veut dire quoi ?

En pratique, ca signifie que l’Inde pratique le contrôle des changes. Il est interdit de sortir (ou de faire rentrer) des roupies du pays. Ni les banques ni les bureaux de change n’ont (théoriquement) le droit de détenir des roupies en France et donc de vous les offrir contre des euros ou des dollars. La roupie n’est échangeable qu’en Inde.

Pourquoi ?

Parce qu’après la Chine, l’Inde, c’est LE marché du début du 21eme siècle. Rendez-vous compte, 1.3 milliard d’habitants, 7% à 10% de croissance par an, des besoins énormes en infrastructures, les indiens sont depuis longtemps les premiers acheteurs d’or au monde, ils consomment quantités de matières premières et de produits occidentaux. Alors évidemment il y a 600 millions d’indiens qui vivent avec quelques roupies par jour, mais ce qui intéresse les multinationales, ce sont les classes moyennes indiennes, celles qui organisent « mon incroyable anniversaire » pour leurs enfants, celles qui s’achètent une Mercedes classe C, celles qui attendent l’arrivée du prochain centre commercial ou qui vont se faire coiffer chez Jean-Claude Biguine.

Alors les investisseurs sont au taquet.

Mais, pour le gouvernement indien, à l’image des chasseurs, il y a les bons investisseurs et les mauvais investisseurs. Les bons investisseurs, ce sont ceux qui investissent sur le long terme et qui aident au développement économique du pays. Les mauvais investisseurs, ce sont ceux qui investissent mais qui n’hésiteront pas à fiche le camp si ca sent le roussi, qu’il s’agisse de raisons propres à l’Inde ou de raisons qui n’ont rien à voir (la crise Européenne par exemple).

Les indiens ont retenu la leçon de ce qui s’est passé en Asie à la fin des années 90. Tout le monde avait mis ses billes en Thaïlande, en Indonésie et puis ca a commencé à mal tourner. Les investisseurs avaient alors retiré brutalement tous leurs avoirs, et ainsi contribué à renforcer l’effondrement des économies asiatiques. Des investisseurs qui partent tous en même temps, cela provoque souvent un effondrement de la devise locale, et par effet ricochet, une augmentation du prix des matières premières (alimentaires et énergétiques), une hausse de l’inflation importée, une hausse des taux d’intérêt, une baisse de l’investissement, de la demande et une hausse du chômage. Bref, rien de bon.

Donc en Inde, vous pouvez changer librement vos euros ou vos dollars contre des roupies s’il s’agit de raisons personnelles (tourisme, études) ou commerciales (import/export) mais cela est très contrôlé et encadré. En revanche, impossible de venir convertir vos euros en roupies pour investir localement, et puis, pour x raison, tout vendre et rechanger vos roupies en euros.

Pas possible donc de faire un virement en euros d’un compte indien a un compte français sauf si raisons commerciales. Et donc pas possible de retirer toutes ses roupies en cash et d’aller les changer en euros.

Evidemment toutes ces règles souffrent de nombreuses exceptions, et en pratique les investisseurs se débrouillent.

Bien sur, ces contraintes ne sont pas de nature à renforcer l’attractivité du pays, et l’Inde se prive d’une grande partie de ses bienfaits, mais elles en limitent au moins les effets les plus négatifs.

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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 07:56

Je reprends un article publié récemment dans Libération. C’est l’histoire d’une indienne qui a « osé quitter le foyer conjugal quelques jours après son mariage car la maison était dépourvue de toilettes ». Cette femme a été récompensée à hauteur de 10.000 dollars par une ONG pour avoir « déclenché «une révolution des toilettes». « Narre a incité d'autres femmes de son village à convaincre leurs compagnons de construire des toilettes. Le village est aujourd'hui transformé, grâce à son acte courageux». «Elle n'est revenue qu'une fois les toilettes construites ».

Pour rappel, comme nous l’avions écrit précédemment dans ce blog, il y a 600 millions d’indiens qui n'ont pas de toilettes et qui défèquent en plein air, ce qui provoque des problèmes considérables de santé publique.

Le ministre indien du développement rural, Jairam Ramesh, a fait le vœu d'éradiquer «la défécation en plein air» d'ici les 10 prochaines années.

Papa, pourquoi le monsieur il fait caca dans la rue?....

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